XV ème réunion des clubs d’affaires franco-allemands à Montpellier, du 11 au 14 Juin 2014

La belle ville de Montpellier n’implique pas inévitablement l’évocation de notre cher tandem franco-allemand. Pourtant, du 11 au 14 Juin dernier, Montpellier et la Région Languedoc Roussillon ont déployé le drapeau rouge noir et or à l’occasion des XVèmes rencontres des clubs d’affaires franco-allemands (CAFA) . La délégation de Francfort autour de son président Charles Marchant se composait de Mesdames Malaval, Sayad–Joli et de Peufeilhoux ainsi que Monsieur Blaize de Maisonneuve.

À l’occasion des différentes allocutions, l’importance du lien franco-allemand qu’entretient et dynamise le réseau des CAFA est une nouvelle fois mis en lumière. C’est un appel à chacun pour s’engager encore plus au sein de son Club et pour les Club de renforcer leurs efforts pour continuer à favoriser et entretenir le partenariat franco-allemand profitable à tous.

Les clubs d’affaires, charnières de la coopération franco-allemande

Roland Ickowicz co-président de RAFAL

Roland Ickowicz co-président de RAFAL

Messieurs Roland Ickowicz et Martin Andersch du club invitant « Rafal », nous ont accueillis en indiquant que la région était une illustration du « franco-allemand » : bien vivre et travailler sérieusement !

Après une allocution du Consul Général d’Allemagne M. Rolf Robert Herden, qui rappelait la persistance du lien existant entre nos deux pays malgré la mondialisation, le directeur des affaires économiques de l’ambassade d’Allemagne en France M. Peter Reuss chiffrait ces liens : nos économies sont au cœur de l’économie européenne et en représentent 40 % à elles deux. C’est pourquoi la France et l’Allemagne doivent reprendre l’initiative, par exemple pour rendre les systèmes fiscaux comparables (pas forcément identiques !)

Et de souligner le rôle indispensable des Clubs d’affaires franco-allemands : être la charnière de la coopération en complétant le travail des chambres de commerce.

L’incontournable tandem franco-allemand en Languedoc Roussillon aussi

M. Jean-Claude Gayssot ancien ministre et vice-président de la Région, délégué à l’international, l’Europe et la francophonie, dans un discours haut en couleur d’homme politique du sud, notait que ces rencontres arrivaient à point après des élections à forte tendance eurosceptique. Il se souvient combien l’appui de son collègue allemand lui avait servi sur le plan européen à l’époque où il était ministre.

Sur le plan local, Madame Stéphanie Andrieu, présidente d’Invest Sud de France et M. René Condomine ont fait le point sur l’attractivité de la région pour les investisseurs étrangers et les exportations des entreprises régionales vers l’Allemagne. Sur la région, l’Allemagne est le deuxième investisseur ex-æquo avec l’Espagne et après les Etats Unis, et deuxième client après l’Espagne.

Les intervenants : Au centre M.JC Gayssot avec à sa gauche M. Andersch, co-président de RAFAL

Les intervenants : Au centre M.JC Gayssot avec à sa gauche M. Andersch, co-président de RAFAL

Cap au Sud

Mais géographiquement comme économiquement cela signifie qu’elle est une porte ouverte sur la Méditerranée, et de là, sur toute l’Afrique.

Pour Jean-Louis Guigou, délégué général de l’Institut de prospective économique du monde méditerranéen, l’avenir se joue au sud en raison de la complémentarité. L’Europe vieillit, et face à une Afrique du Nord jeune qui offre des sources d’énergie à moindre coût et un immense marché, elle peut en retour offrir ses technologies, son expérience de gouvernance et son intégration à un grand ensemble.

Il faut y aller maintenant, mais avec les méthodes employées par les allemands qui ont su intégrer l’Europe de l’Est après la chute du mur : la co-production. Et la Région Languedoc Roussillon qui accueille des membres de la diaspora maghrébine talentueuse, a déjà un pied et de bons réseaux outre méditerranée (Maison du Languedoc Roussillon à Casablanca par exemple). C’est le partenaire idéal entre les Allemands et le Maghreb.

Paris-Berlin, Alger-Paris

Comme pour confirmer cet appel vers le sud, Olivier Breton, fondateur du magazine « Paris-Berlin » vient de lancer « Alger-Paris». Comme avec les Allemands, la relation entre les Algériens et les Français tient des « frères ennemis ». C’est le moment de rebâtir une nouvelle relation, partenariale cette fois, avec le nord de la Méditerranée. Et Roland Ickowicz de souligner que ce nouvel axe « Berlin-Paris- Alger », passe par Montpellier !

Les facteurs de la force économique allemande

M. Guigou (gauche) et M. Boulbil (droite)

M. Guigou et M. Boulbil

Monsieur Alain Boulbil, ancien conseiller du Président François Mitterrand et président d’AB 2000, s’est lancé dans une étude comparée des relations interentreprises de part et d’autre du Rhin. Il est frappant de constater combien les français ne peuvent s’empêcher de comparer le système allemand avec le leur, mais bien souvent, la comparaison est incomplète car les « méthodes allemandes » sont sorties de leur contexte. Le mérite de M. Boulbil a été de donner une vue générale des facteurs qui font que l’économie allemande se porte mieux. Plus que les réformes Schröeder, c ‘est la stratégie de partenariat, une logique de « prospérité partagée » avec les sous-traitants. M. Arnaud Salles, directeur du groupe Liatech est revenu sur l’aspect positif de ce point lors de la table ronde de l’après-midi, où plusieurs entreprises implantées dans la Région témoignaient de leurs relations avec les entreprises allemandes.

Mais il faut ajouter la décentralisation allemande (Michelin est l’unique société de Cac 40 à ne pas avoir son siège social à Paris) face à une trop grande centralisation française qui joue entre autre sur les délais de payement trop longs, les problèmes liés au « mille feuille administratif », le recrutement des chefs d’entreprise qui en Allemagne commencent à l’atelier, alors que les français sortent tout droit des grandes écoles…

Le problème en France viendrait surtout de la trop forte « mortalité » des entreprises, les banques préférant vendre les PME plutôt que d’alimenter le fond de roulement des entreprises. M. Eric Blaize de Maisonneuve de BNP Paribas, reviendra sur ce point l’après-midi même, pour préciser qu’au contraire les banques sont aux côtés des entreprises, le mot d’ordre actuellement étant de prêter, prêter, prêter…

Alors que l’Allemagne finissait de « digérer » sa réunification, l’évolution du capitalisme français aggravait les choses, exportant les capitaux plutôt que les entreprises. Les Allemands ont fait moins d’erreur sur ce plan, tandis que les Français qui s’expatrient sont regardés avec méfiance. La taille des entreprises allemandes et leur positionnement dans de petites niches joue également en leur faveur.

Selon Alain Boulbil, toutes ces différences structurelles mises ensemble, ne peuvent être aplanies par une volonté politique, mais les réseaux, eux, peuvent faire quelque chose.

Les réseaux : y apporter plus qu’on en retire

Deux membres de notre Club de Francfort : Mesdames Malaval et Sayad-Joli (à droite et à gauche)

Deux membres de notre Club de Francfort : Mesdames Malaval et Sayad-Joli (à droite et à gauche)

M. Florian Mantione fondateur du « Florian Mantione Institute », nous explique l’intérêt des réseaux et leur bon usage. En résumé, les réseaux sont un « ouvreur de porte » dont les avantages ne sont pas quantifiables. La règle d’or dans un réseau, c’est apporter plus qu’on en retire. Je donne aujourd’hui pour recevoir demain. Le réseau se crée quand on n’en n’a pas besoin !

Mais il faut être acteur, gérer ses contacts, apporter du contenu, des actions, se rendre indispensable, et même pourquoi pas, écrire un livre…! Il faut bien sûr bien choisir son réseau et au besoin créer pour cela sa propre association, et ne pas hésiter à « mailler » les réseaux (les connecter entre eux). L’idéal est de trouver l’équilibre et de « réseauter » avec modération (l’activité peut se révéler chronophage).

Les réseaux franco-allemands font vivre le « franco-allemand »

Les organisateurs avaient eu la bonne idée après les intéressantes allocutions portant plutôt sur des généralités, de donner la parole aux acteurs concrets de l’économie qui vivent le franco-allemand au sein de leur activité. Outre les sociétés préalablement citées (BNP Paribas et LIATECH), nous avons eu le plaisir de découvrir l’activité de DIAM Bouchage par la voix de son directeur général, Dominique Tourneix, qui produit des bouchons de liège de grande qualité grâce à un procédé innovant. Illustrant l’axe Allemagne / France (Languedoc Roussillon) / Afrique, la société produit à la fois en France et au Maroc et fournit des producteurs de vin allemands.

Ont également présenté leur activité, Madame Florence Barthes, directrice générale d’Inter OC, Madame Suzanne Bruns, directrice commerciale d’ESII, Madame Sophie Fages, secrétaire générale de Leader LR et Monsieur Lionel Cesari, responsable commercial de Montpellier Events. Précisons que toutes ces sociétés sont membres du club RAFAL, illustrant combien le « franco allemand » vit grâce et par ses réseaux !

Rencontres CAFA 2015 avec le Club de Sarre-Lorraine

Passage de relais du RAFAL au Club de Sarre-Lorraine

Passage de relais du RAFAL au Club de Sarre-Lorraine

En clôture de cette riche journée, le relais a été passé au prochain club organisateur, celui de Sarre-Lorraine. En prenant le trophée, les protagonistes ont remarqué avec humour combien celui-ci était lourd, chargé d’énergies positives ! Rendez-vous est pris pour les 24 et 25 septembre 2015.

D’autres clubs se sont déjà portés volontaires tant cette rencontre CAFA est enrichissante : Rennes en 2016, Francfort en 2017 et Poitiers en 2018 !

Les CAFA à la Grande Motte

Les CAFA à la Grande Motte

Les rencontres n’étaient pas pour autant finies puisqu’outre les moments conviviaux que furent le dîner d’accueil le mercredi soir, le cocktail dînatoire à la maison des associations le jeudi soir, la soirée festive sur la plage de La Grande Motte le vendredi soir et les visites culturelles proposées le samedi, des rencontres B2B avaient été organisées le vendredi toute la matinée. L’après-midi était réservée à la rencontre des présidents des différents clubs, leur permettant de partager leur expérience, d’échanger sur leurs différents modes de fonctionnement.

Les rencontres B2B

Les rencontres B2B

La coopération entre Clubs s’accentue. Après les 20 ans du Club de Provence, le Club de Hambourg fêtera ses 50 ans les 25 et 26 Septembre prochain, et le Club de Düsseldorf nous convie à une commission de travail « MEDEF- BDI » le 3 décembre 2014.

La structure des CAFA est souple puisque la « direction » est assurée par le club organisateur de la rencontre annuelle, assisté des Clubs organisateurs de l’année précédente et suivante. Dotée désormais d’un nom, d’un logo, d’un trophée, d’un fonctionnement régulier, d’une page web (www.club-des-affaires-.org) et d’un annuaire des compétences sur lequel chacun est invité à s’inscrire (www.kompetenz-atlas.eu), les CAFA sont plus que jamais les chevilles ouvrières du franco-allemand, moteur de nos économies.

Rédaction: Anne-Charlotte de Peufeilhoux

Les présidents des CAFA ou leurs représsentants

Les présidents des CAFA ou leurs représsentants