Conférence du 13 mai 2014 sur  » L’état de L’Euro et la nécessité d’une union bancaire »

On pensait avoir tout lu, tout entendu sur la crise, on s’était fait une idée, mais la soirée organisée par le comité RAM du Club des Affaires et présentée par son président Axel von Einem autour du thème de l’Union bancaire a apporté un nouvel éclairage.

Il est trop hasardeux de résumer ici ces échanges passionnants, il est juste question de vous en donner un aperçu.

speakers

Après le traditionnel apéritif dans le hall de la Villa Bonn, les choses ont commencé très fort avec M. Philippe Moutot, Conseiller Principal et directeur de la politique monétaire de la Banque centrale européenne. Au long d’un brillant exposé au titre quelque peu provocateur : « Les banquiers centraux doivent-ils se retourner vers le futur ? », il est revenu sur les causes de la crise, notamment la croyance que le progrès technologique allait porter l’économie et que les marchés allaient se réguler tous seuls. Il a ensuite expliqué que les réponses proposées par la Commission et la BCE avaient bien pour but de porter remède aux causes décrites. Il n’est pas question de retourner à l’archétype du banquier du XIXème illustré avec humour par le banquier de « Mary Poppins », mais de « donner envie de rester dans l’Union monétaire, (l’Euro) » grâce à une union bancaire nécessaire pour limiter les risques de contagion combinée à une meilleure mise en œuvre d’un pacte de stabilité qui, avant la crise, n’a pas pu être mis réellement appliqué lorsque son besoin s’est affirmé.

M. Moutot rappelle que la BCE ne doit pas être seulement un ensemble de bons économistes veillant à la stabilité bancaire et régulant les taux d’intérêt (ce qui n’est d’ailleurs pas très cohérent) mais également doit rester un banquier. Avant la crise, la BCE n’avait pas ce rôle de gestion des obligations.

Monsieur Philippe-Olivier Rousseau, Directeur des Affaires Publiques de BNP Paribas vient du monde de la communication et ça se sent. Il avoue lui-même faire du lobbying. Sécuriser les banques, oui, les asphyxier, non. Les nouvelles régulations européennes doivent sécuriser les banques mais les contraignent à réduire substantiellement le volume de leurs prêts et risquent donc de remettre en cause la reprise économique. Par ailleurs, l’abondance de liquidités résultant de la politique monétaire « accommodante » des banques centrales, combinée avec de faibles taux d’intérêt, risque d’entrainer de nouveaux mouvements spéculatifs. Les deux risques majeurs sont donc d’une part une récession prolongée et d’autre part, la formation de nouvelles bulles spéculatives.

La fameuse taxe Tobin a été évoquée, M. Moutot pense qu’elle aurait eu un intérêt si on avait pu utiliser le fruit de la taxe justement pour le fond de réserve destiné au sauvetage des banques.

Monsieur Sylvain Broyer, brillant Chef économiste chez Natixis, résume bien la problématique : l’Union bancaire ne doit pas être une fin en soi. Le but c’est de créer une harmonisation du marché du crédit pour créer un environnement stable. Il faut rompre le lien entre risque bancaire et risque souverain, cantonner le risque financier dans la sphère financière.

Le temps imparti est passé trop vite et malgré quelques questions pertinentes comme celle de la Consule Mme Lazslo qui se dit passionnée par le sujet, il a fallu achever la discussion afin de la continuer dans la salle à manger, autour d’un repas fort apprécié.

A.C. de Peufeilhoux

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